Le déchiffrement des glyphes mayas compte parmi les grandes aventures intellectuelles du XXe siècle. Deux chercheurs russes ont été décisifs : Youri Knorosov et Tatiana Proskouriakoff. Ils travaillèrent à partir de l’idée que ces glyphes comprenaient des signes syllabiques.

L’écriture maya a été utilisée de l’an 100 à 1600. Les missionnaires en interdirent l’usage, si bien que les textes mayas s’écrivirent après la conquête en caractères latins, ce qui entraîna la perte d’un savoir. Figurative, l’écriture maya comportait environ 800 signes représentant des animaux, des êtres surnaturels, des parties du corps, des objets naturels ou utilitaires.

Les signes sont disposés sur deux colonnes : il faut les lire de gauche à droite. La totalité peuvent entrer dans deux catégories : les logogrammes (ou signes-mots) et les syllabes (chaque signe composant une syllabe). Pour écrire colline, les scribes pouvaient recourir au logogramme colline (uits : l’image évoque les esprits surnaturels des montagnes) ou combiner deux signes syllabiques (ui-tsi). Ainsi pakal (bouclier) peut s’écrire avec un logogramme (pakala dont l’icône évoque effectivement un bouclier) ou par la combinaison de 3 glyphes accolés (pa-ka-la).

La difficulté à déchiffrer l’écriture maya vient des nombreuses variantes formelles. Il y a plusieurs signes pour rendre pa, ka, la (ce sont des allographes). Ainsi la syllabe na peut être écrite à l’aide de six signes distincts. Une tête de femme désigne aussi bien ixik (femme) que na (mère). Le travail de déchiffrement des glyphes consistent largement à détecter ces équivalences et à rechercher leur valeur phonétique.

À la différence d’autres écritures anciennes, celle des Mayas fut d’emblée un moyen de s’adresser aux dieux et de légitimer le pouvoir de souverains considérés à l’égal des dieux. Le scribe vivait à la cour. La qualité esthétique de l’écriture servait à rehausser son caractère sacré. La maîtrise (au moins passive) de l’écriture faisait partie de l’éducation des nobles. La langue réelle sous-jacente à l’écriture serait le ch’ol, une langue encore en usage dans le Chiapas.